Parlons-en « L’ubérisation :
pour le meilleur
ou pour le pire ?  »

Après les libraires, les hôtels, les restaurateurs et les banques, c’est déjà hélas au tour des artisans (les taxis, les coiffeurs, le bâtiment, les boulangers …) d’être touchés par le phénomène mondial de l’ubérisation, cette lame de fond numérique qui, peu à peu, impacte tous les secteurs de l’économie.

Pourquoi le monde, l’Europe et la France se jettent-ils à corps perdu dans cette vague qui risque de tous nous submerger ? Parce que le monde digital et numérique est désormais de plus en plus maîtrisé de tous. Parce que, éloignés du modèle 100% salarial, les Français recherchent l’indépendance, la liberté de travailler et de s’offrir des services entre eux. Et ça, je peux le comprendre !
Oui, mais voilà… L’ubérisation va petit à petit modifier notre relation au travail, notre modèle social et nos réflexes juridiques. Où vont passer les capitaux ? Où seront payés les impôts ? Qui va s’acquitter des charges salariales vu que les plateformes qui emploient des travailleurs ubérisés contournent les cotisations fiscales et sociales de la France, tout comme le font les « travailleurs détachés », et que les charges sont acquittées dans les pays où ils habitent ? Sans cotisations, le gouvernement fait comment ?

Mêmes droits, mêmes devoirs. Je ne suis pas passéiste… Je comprends que le monde change et que celui de l’artisanat doit s’adapter aussi. Mais pas à n’importe quel prix ! Pas à celui de moins d’humanité en tout cas… Il faut de la réflexion, une transition et une importante préparation. Il faut adapter ce phénomène qui a pour effet d’augmenter le nombre d’entreprises inscrites sur notre Répertoire des Métiers et qui, parallèlement, voit le nombre de salariés du secteur de l’Artisanat divisé par trois. Il faut que tout le monde y trouve son compte, et aussi l’Artisanat ! Car il ne s’agit pas d’une difficulté passagère : à terme, tous les métiers de service mais pas seulement seront touchés par l’ubérisation. Le modèle social français a du plomb dans l’aile ! Sa protection sociale aussi ! Pour éviter d’aller vers moins de qualité, il faut travailler à la transition, structurer cette mise en place irrémédiable et y rajouter surtout la relation humaine. Car la proximité c’est la qualité numéro 1 de l’artisanat français.
Je crois à un sursaut. Pour sortir de ce cauchemar annoncé, il y a des solutions : aider les entreprises traditionnelles à être plus agiles pour ne pas s’enferrer dans le modèle rigide actuel ; diminuer la pression fiscale ; revoir le droit basé sur un salariat omniprésent tout en élargissant la possibilité de collaborer sans contrat de travail. Alors seulement nous entrerons dans l’équité !

Le Président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Gard

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